Industrie de la mode en France illustrée par un atelier de confection parisien, avec chiffres clés, artisanat, luxe et fabrication.
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Industrie de la mode en France : poids économique, acteurs et transformations

Derrière les défilés parisiens, les maisons de luxe et les grandes enseignes se trouve une véritable puissance économique. Textile, habillement, chaussures, maroquinerie, luxe, distribution et e-commerce : l’industrie de la mode en France rassemble des milliers d’entreprises et une grande diversité de métiers.

Mais combien pèse réellement la mode dans l’économie française ? Chiffre d’affaires, emplois, production, importations, exportations, grandes entreprises et place du luxe : voici les données essentielles pour comprendre le secteur français de la mode.

Atelier de mode à Paris réunissant création textile, confection, maroquinerie, données économiques et panorama de l’industrie française.

De l’atelier à la boutique, la mode française s’appuie sur la création, la production, le luxe, le commerce et l’innovation.

La France occupe une place particulière dans l’industrie mondiale de la mode. Paris reste l’une des principales capitales internationales du secteur, tandis que des groupes français comme LVMH, Kering, Hermès ou Chanel participent largement au rayonnement économique du pays.

Mais l’industrie de la mode en France ne se résume pas au luxe. Elle comprend également le textile, le prêt-à-porter, la chaussure, la maroquinerie, les fabricants, les ateliers, les distributeurs, les commerces physiques et le e-commerce.

Pour comprendre son véritable poids économique, il faut donc distinguer plusieurs indicateurs : chiffre d’affaires, emplois, nombre d’entreprises, production française, commerce extérieur et consommation.

Ce dossier rassemble ces informations afin de dresser un panorama clair du marché de la mode en France, de ses principaux acteurs et des transformations auxquelles le secteur est confronté.

Réponse rapide : que représente l’industrie de la mode en France ?

L’industrie française de la mode regroupe plusieurs activités complémentaires : textile, habillement, chaussures, maroquinerie, luxe, fabrication, distribution et commerce en ligne.

La France se distingue particulièrement par la puissance de son industrie du luxe et par son savoir-faire dans la création, la maroquinerie, la haute couture et certains métiers artisanaux. Dans le même temps, une grande partie des vêtements vendus sur le marché français est fabriquée à l’étranger.

Le secteur repose donc sur un modèle contrasté : forte valeur ajoutée dans le luxe et la création, consommation importante, dépendance aux importations et volonté croissante de relocaliser une partie de la production.

Les chiffres clés de l’industrie de la mode en France

Avant d’entrer dans le détail, voici quelques indicateurs permettant de mesurer le poids économique de la mode française. Les périmètres diffèrent selon les organismes : il faut donc distinguer la mode au sens large de la seule industrie de l’habillement.

Indicateur Chiffre Périmètre
Chiffre d’affaires direct de la mode 154 milliards € Mode française au sens large – IFM
Emplois directs et indirects Environ 1 million Mode française au sens large – IFM
Entreprises de l’habillement Environ 2 500 Industries françaises de l’habillement
Salariés directs de l’habillement Environ 32 000 Industries françaises de l’habillement
Chiffre d’affaires de l’habillement 15 milliards € Industries françaises de l’habillement
Chiffre d’affaires réalisé à l’international 8,7 milliards € Industries françaises de l’habillement
Part du digital dans les achats d’habillement 30,7 % Achats d’habillement en valeur, 2025
Part de la seconde main dans la mode en ligne 18 % Mode achetée en ligne

Important : les chiffres consacrés à la mode varient fortement selon le périmètre retenu. Certaines études comptabilisent uniquement le textile et l’habillement, tandis que d’autres intègrent le luxe, la maroquinerie, les chaussures, la distribution ou les emplois indirects. Pour comparer correctement les données, il faut donc toujours tenir compte de l’année et du périmètre de chaque statistique.

Infographie des chiffres clés de l’industrie de la mode en France : chiffre d’affaires, emplois, entreprises, salariés, e-commerce et seconde main.

Les principaux chiffres de l’industrie de la mode française : poids économique, emplois, entreprises, international, digital et seconde main.

Que représente l’industrie de la mode en France ?

L’industrie de la mode française désigne un ensemble beaucoup plus vaste que le seul prêt-à-porter. Elle rassemble toutes les activités qui participent à la création, à la fabrication et à la commercialisation des vêtements et accessoires.

On peut notamment distinguer :

  • l’industrie textile, qui produit les fibres, fils, tissus et textiles techniques ;
  • l’habillement, qui comprend la conception et la confection des vêtements ;
  • la chaussure ;
  • la maroquinerie et les accessoires ;
  • le luxe, particulièrement important dans l’économie française ;
  • la distribution, avec les boutiques, grands magasins, chaînes et détaillants ;
  • le commerce en ligne et les plateformes de vente ;
  • les activités créatives et de services : stylisme, modélisme, communication, marketing, logistique ou encore photographie de mode.

Cette diversité explique pourquoi il est difficile de résumer la mode française avec un seul chiffre. Une étude consacrée uniquement à la fabrication textile donnera nécessairement un poids économique inférieur à une analyse intégrant également le luxe, la distribution et les services.

La France possède par ailleurs une caractéristique particulière : une partie importante de sa puissance dans la mode provient de la création, des marques et du luxe plutôt que de la fabrication de masse. Une grande quantité de vêtements consommés en France est produite à l’étranger, tandis que les maisons françaises figurent parmi les acteurs les plus influents du marché mondial.

C’est donc à la fois une industrie de production, de création, de commerce et d’exportation de savoir-faire.

Quel chiffre d’affaires génère la mode en France ?

Le poids économique de la mode française dépend donc fortement des activités prises en compte.

Dans son étude consacrée à l’importance économique de la mode en France, l’Institut Français de la Mode évalue le chiffre d’affaires direct de la mode française à 154 milliards d’euros. Ce chiffre couvre un ensemble très large d’activités liées à la mode et au luxe.

Le seul secteur industriel de l’habillement représente un périmètre beaucoup plus restreint. Selon l’Union Française Mode & Habillement, les entreprises françaises de ce secteur réalisent environ 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Périmètre Chiffre d’affaires Ce que cela comprend
Mode française au sens large 154 milliards € Mode, luxe et activités associées selon le périmètre de l’IFM
Industries françaises de l’habillement 15 milliards € Entreprises industrielles de l’habillement

Cette différence considérable explique pourquoi certaines publications annoncent que la mode pèse plus de 150 milliards d’euros en France, tandis que d’autres évoquent des montants beaucoup plus faibles : elles ne mesurent tout simplement pas la même chose.

Le luxe joue également un rôle déterminant dans la valeur créée par les entreprises françaises. Des groupes comme LVMH, Kering, Hermès ou Chanel réalisent une grande partie de leurs ventes hors de France et contribuent fortement au poids international de la filière.

Combien d’emplois représente la mode en France ?

L’industrie de la mode fait travailler des profils extrêmement différents : ouvriers du textile, couturiers, modélistes, stylistes, artisans du cuir, vendeurs, responsables logistiques, spécialistes du marketing, photographes, développeurs e-commerce ou encore professionnels de la communication.

Selon le périmètre large retenu par l’Institut Français de la Mode, la filière représente environ 1 million d’emplois en France, directs et indirects.

Les industries françaises de l’habillement représentent quant à elles environ 32 000 salariés employés directement en France. Cette différence s’explique, là encore, par le périmètre : le second chiffre porte uniquement sur les entreprises industrielles de l’habillement.

Quels métiers trouve-t-on dans l’industrie de la mode ?

  • Création : styliste, designer textile, directeur artistique ;
  • Conception : modéliste, prototypiste, patronnier ;
  • Fabrication : couturier, opérateur textile, maroquinier, bottier ;
  • Commerce : vendeur, acheteur, responsable de boutique ;
  • Marketing : chef de produit, communication, réseaux sociaux ;
  • Digital : e-commerce, UX, CRM, photographie et création de contenu ;
  • Logistique : approvisionnement, entrepôts, transport et supply chain.

La filière ne se limite donc pas aux métiers créatifs visibles lors des défilés. Une grande partie des emplois se situe dans la fabrication, le commerce, la logistique et les services.

Stylisme, modélisme, confection, marketing, communication ou encore production : la filière regroupe des professions très différentes. Pour découvrir les formations, fonctions et parcours professionnels associés, consultez notre dossier consacré aux métiers de la mode.

Infographie illustrant les principaux métiers de l’industrie de la mode en France : styliste, modéliste, coupeur, couturier, maroquinier, sourcing, logistique, marketing, e-commerce et développement durable.

De la création à la distribution, l’industrie de la mode réunit de nombreux métiers : stylisme, confection, artisanat, logistique, marketing, digital et développement durable.

Quelles sont les principales entreprises françaises de mode ?

Le paysage français de la mode se caractérise par une forte diversité. Il réunit à la fois des groupes mondiaux du luxe, des marques de prêt-à-porter, des fabricants, des PME spécialisées et de nombreux artisans.

Les grands groupes français du luxe

La France accueille plusieurs des entreprises les plus influentes de l’industrie mondiale du luxe :

  • LVMH, qui regroupe notamment Louis Vuitton, Dior, Givenchy et Fendi ;
  • Kering, présent dans la mode et le luxe avec plusieurs grandes maisons internationales ;
  • Hermès, particulièrement reconnu pour la maroquinerie, la soie et son savoir-faire artisanal ;
  • Chanel, acteur majeur de la haute couture, du prêt-à-porter, des accessoires et de la beauté.

Ces groupes jouent un rôle essentiel dans les exportations françaises et dans le rayonnement international de Paris comme capitale de la mode.

Les entreprises de l’habillement

À côté du luxe, la France dispose d’un tissu beaucoup plus large d’entreprises spécialisées dans le prêt-à-porter, la confection et les accessoires.

L’Union Française Mode & Habillement recense environ 2 500 entreprises dans les industries françaises de l’habillement. Une grande partie sont des PME spécialisées dans la création, la fabrication, la sous-traitance ou les métiers techniques.

Les artisans et savoir-faire spécialisés

Certains secteurs français conservent une forte dimension artisanale : maroquinerie, broderie, dentelle, chaussure, chapellerie, confection haut de gamme ou encore métiers de la haute couture.

Ces savoir-faire constituent l’un des principaux avantages compétitifs de la France face à une production textile de masse largement délocalisée.

Où sont fabriqués les vêtements vendus en France ?

La France reste un grand pays de création et de consommation de mode, mais une grande partie des vêtements achetés par les Français est aujourd’hui fabriquée à l’étranger.

La production de masse s’est progressivement déplacée vers des pays où les coûts de fabrication sont plus faibles. L’Asie occupe une place majeure dans les approvisionnements européens, notamment la Chine, le Bangladesh, le Vietnam et l’Inde. La Turquie et plusieurs pays européens participent également fortement à la production.

Les écarts de coûts de production se retrouvent également dans les prix payés par les consommateurs. Pour aller plus loin, découvrez dans quels pays la mode homme est la moins chère et pourquoi certaines destinations proposent des vêtements à des tarifs beaucoup plus bas.

La fabrication française se concentre davantage sur :

  • les produits haut de gamme ;
  • la maroquinerie ;
  • certains vêtements techniques ;
  • les petites séries ;
  • la confection spécialisée ;
  • les métiers artisanaux ;
  • la production bénéficiant d’un fort savoir-faire local.

Le Made in France peut-il se développer ?

La fabrication locale bénéficie d’un regain d’intérêt lié à la traçabilité, à la réduction des distances de transport et à la volonté de préserver les savoir-faire.

Mais produire en France coûte généralement plus cher que dans les grands pays producteurs. Le Made in France se positionne donc surtout sur la qualité, la durabilité, les petites séries et les produits à plus forte valeur ajoutée.

Professionnels travaillant dans un atelier textile français avec découpe de tissus, machines à coudre et vêtements en cours de confection.

La fabrication textile existe toujours en France, notamment grâce aux ateliers de confection, aux savoir-faire spécialisés et aux productions à forte valeur ajoutée.

À découvrir : pour approfondir cette question, consultez notre guide consacré aux
vêtements homme Made in France, aux marques françaises, aux labels et aux principales régions textiles.

Importations et exportations : quelle est la place de la France ?

Le commerce extérieur illustre parfaitement le fonctionnement particulier de la mode française.

D’un côté, la France importe une grande quantité de vêtements destinés au marché intérieur. De l’autre, elle exporte des produits à forte valeur ajoutée, notamment dans le luxe, la maroquinerie, les accessoires et certains segments haut de gamme.

Pourquoi la France importe-t-elle autant de vêtements ?

La majorité des produits de grande consommation sont fabriqués dans des pays disposant d’une importante industrie textile et de coûts de production plus faibles.

Les principaux bassins d’approvisionnement se trouvent notamment :

  • en Chine ;
  • au Bangladesh ;
  • en Turquie ;
  • au Vietnam ;
  • en Inde ;
  • mais aussi en Italie, au Portugal et dans plusieurs pays européens.

Que la France exporte-t-elle ?

Les exportations françaises sont davantage orientées vers les produits à forte valeur ajoutée : luxe, maroquinerie, accessoires, parfums, haute couture et prêt-à-porter haut de gamme.

Selon l’Union Française Mode & Habillement, les industries françaises de l’habillement réalisent environ 8,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’international, soit près de 58 % de leur chiffre d’affaires total.

Le paradoxe français :

la France importe massivement les vêtements de consommation courante, mais reste extrêmement performante à l’export sur les produits de luxe et à forte valeur ajoutée.

Infographie montrant les étapes du parcours d’un vêtement : création, modélisation, matières, coupe, confection, contrôle qualité, étiquetage, logistique et distribution.

De l’idée du styliste jusqu’à la garde-robe, un vêtement passe par de nombreuses étapes faisant intervenir création, savoir-faire, production, contrôle et distribution.

Quelle place occupe le luxe dans l’industrie française ?

Le luxe constitue l’un des principaux moteurs de l’industrie française de la mode. La France accueille plusieurs groupes et maisons parmi les plus influents au monde, notamment LVMH, Kering, Hermès et Chanel.

Cette position donne à la France une particularité importante : une partie considérable de la valeur créée par la mode française provient de produits haut de gamme à forte valeur ajoutée, souvent vendus à l’international.

Le luxe français repose notamment sur :

  • la maroquinerie ;
  • le prêt-à-porter haut de gamme ;
  • les chaussures et accessoires ;
  • la haute couture ;
  • la joaillerie et l’horlogerie ;
  • les parfums et cosmétiques selon le périmètre retenu.

Pourquoi le luxe français est-il aussi puissant ?

Plusieurs facteurs expliquent cette position : la réputation historique de Paris, l’ancienneté des maisons françaises, la maîtrise de savoir-faire artisanaux, la puissance des marques et leur capacité à distribuer leurs produits partout dans le monde.

Les grandes maisons ont également développé des réseaux intégrés allant de la création jusqu’à la vente, en passant par la fabrication et la distribution. Cette maîtrise de la chaîne de valeur permet de conserver une partie importante de la valeur économique créée.

Cette place particulière s’inscrit dans une longue tradition française de création, de savoir-faire et de maisons prestigieuses. Retrouvez nos dossiers consacrés au luxe et à la haute couture pour approfondir cet univers.

Cette influence ne s’est pas construite récemment. Paris et la France occupent depuis plusieurs siècles une place centrale dans la création vestimentaire et la diffusion des tendances. Notre rubrique consacrée à l’histoire de la mode permet de retracer cette évolution et ses grandes périodes.

Artisan travaillant le cuir dans un atelier de maroquinerie haut de gamme, avec sacs en cuir et boutique de luxe parisienne.

Le luxe français repose notamment sur des savoir-faire artisanaux, une production à forte valeur ajoutée et le rayonnement international de la maroquinerie.

À retenir : la France n’est pas le principal pays producteur mondial de vêtements en volume. Sa force se situe davantage dans la création, les marques, le savoir-faire et les produits à forte valeur ajoutée, particulièrement dans le luxe.

Quelle place occupe l’e-commerce dans la mode en France ?

Le commerce en ligne est devenu un canal majeur de distribution pour l’habillement en France. Après l’accélération provoquée par la crise sanitaire, les achats sur internet se sont durablement installés dans les habitudes des consommateurs.

Selon la FEVAD, le digital représentait 30,7 % de la consommation d’habillement en valeur sur les sept premiers mois de 2025. Les ventes en ligne d’habillement avaient déjà progressé de 1,7 % en 2024, alors que les magasins physiques restaient pratiquement stables.

L’e-commerce n’est donc plus un canal secondaire : il représente désormais une part importante du marché français de l’habillement.

Pourquoi les Français achètent-ils autant de vêtements en ligne ?

Plusieurs facteurs expliquent cette progression :

  • un choix de produits beaucoup plus large ;
  • la facilité de comparaison des prix ;
  • les promotions fréquentes ;
  • la livraison à domicile ou en point relais ;
  • le développement des applications mobiles ;
  • la possibilité de retourner facilement les produits ;
  • la croissance de la seconde main.

À découvrir :

cette progression du commerce en ligne s’appuie sur de grandes plateformes spécialisées. Consultez notre comparatif des meilleurs sites de mode homme pour découvrir les principales plateformes selon le budget, le style, les chaussures ou la seconde main.

La seconde main transforme également le marché

La progression du digital accompagne celle des vêtements d’occasion. Selon Refashion, plus d’un tiers des Français ont déjà acheté des textiles ou chaussures de seconde main et un acheteur français acquiert en moyenne 7,3 pièces de seconde main.

La FEVAD indique par ailleurs qu’en 2025, 18 % des achats de mode réalisés en ligne concernent la seconde main.

Des plateformes spécialisées ont donc créé un véritable marché parallèle au neuf, modifiant la façon dont les consommateurs achètent, revendent et renouvellent leur garde-robe.

Évolution Impact sur la mode française
E-commerce Une part croissante des achats d’habillement se réalise en ligne.
Seconde main Les vêtements circulent davantage entre consommateurs.
Applications mobiles L’achat devient plus rapide et plus fréquent.
Marketplaces La concurrence entre marques françaises et internationales s’intensifie.

Quels sont les défis de l’industrie de la mode française ?

L’industrie française de la mode conserve de nombreux atouts, mais elle doit également faire face à plusieurs transformations importantes : concurrence mondiale, pression sur les prix, montée de la seconde main, nouvelles réglementations et attentes environnementales.

1. La concurrence de l’ultra fast fashion

Les marques françaises et européennes sont confrontées à des acteurs capables de proposer un très grand nombre de références à des prix extrêmement faibles.

Cette concurrence accentue la pression sur les entreprises traditionnelles, notamment sur le milieu de gamme, qui doit simultanément répondre aux attentes de prix des consommateurs et supporter des coûts de production plus élevés.

Cette transformation est particulièrement visible avec les plateformes capables de renouveler leur catalogue en permanence. Notre analyse Quand la mode surchauffe : le cas Shein et la dérive de l’ultra fast-fashion revient en détail sur ce modèle fondé sur les volumes, les prix très bas et l’accélération des cycles de production.

Selon Refashion, 3,5 milliards de pièces neuves de textile, linge de maison et chaussures ont été mises sur le marché français en 2024, soit environ 10 millions de pièces par jour. Les ventes ont progressé de 2,9 % par rapport à 2023.

En 2025, la croissance des ventes de produits neufs s’est poursuivie mais de manière plus modérée, avec une hausse de 1,5 %.

2. La pression sur les prix

Une grande partie des achats reste fortement guidée par le prix. Refashion indique qu’en 2024, 71 % des achats de textiles d’habillement, linge de maison et chaussures neufs concernaient l’entrée de gamme.

Ce comportement rend plus difficile le développement de produits fabriqués en France ou en Europe, dont les coûts de production sont généralement plus élevés.

Pour comprendre plus largement ce modèle économique, ses conséquences et les alternatives possibles, consultez également notre dossier consacré à la fast-fashion et aux enjeux d’une mode plus durable.

3. La montée de la seconde main

La seconde main constitue à la fois une opportunité et un défi pour les entreprises traditionnelles.

Elle répond à plusieurs attentes : recherche de prix bas, volonté de prolonger la durée de vie des vêtements et facilité de revente grâce aux plateformes numériques.

Pour les marques, cela signifie qu’un vêtement peut désormais connaître plusieurs propriétaires sans générer de nouvelle vente à chaque changement d’utilisateur.

4. La transition environnementale

Le secteur textile fait l’objet d’une réglementation environnementale croissante.

Depuis octobre 2025, les marques peuvent notamment afficher le coût environnemental des vêtements selon la méthode officielle mise en place en France. En juin 2026, le ministère de la Transition écologique indiquait que près de 100 marques participaient déjà volontairement au dispositif et qu’environ 40 000 produits étaient référencés.

Cette évolution pousse les entreprises à mieux connaître l’origine des matières, les procédés de fabrication, le transport et la durée de vie des produits.

Ces nouvelles obligations s’inscrivent dans une problématique beaucoup plus large concernant l’impact environnemental du textile. Nous l’analysons dans notre dossier consacré à la mode et à l’écologie.

5. La gestion des vêtements en fin de vie

La filière textile doit également améliorer la collecte, le réemploi et le recyclage.

Refashion indique qu’en 2024, environ 289 000 tonnes de textiles, linge de maison et chaussures ont été collectées en France et plus de 206 000 tonnes ont été triées.

Le développement du recyclage reste toutefois complexe, car les vêtements sont souvent constitués de mélanges de fibres, de boutons, de fermetures ou d’autres composants difficiles à séparer.

Quel avenir pour l’industrie de la mode en France ?

L’industrie française de la mode devrait continuer à évoluer autour de plusieurs grands axes : luxe, digitalisation, seconde main, production plus responsable et montée des exigences réglementaires.

Le luxe devrait rester un moteur majeur

La puissance des grandes maisons françaises constitue un avantage structurel important. Leur notoriété mondiale, leurs réseaux de distribution et leur savoir-faire permettent à la France de conserver une influence très supérieure à son poids dans la production textile mondiale.

Le e-commerce restera incontournable

Avec environ 30 % des achats d’habillement déjà réalisés en ligne en valeur en 2025, le digital est désormais profondément installé dans les habitudes de consommation françaises.

Les marques doivent donc maîtriser simultanément leurs boutiques physiques, leurs sites internet, les réseaux sociaux, les marketplaces et de nouveaux outils de personnalisation.

L’intelligence artificielle pourrait transformer plusieurs métiers

L’intelligence artificielle commence également à intervenir dans la création, la recommandation de produits, la gestion des stocks, la publicité, la relation client et l’analyse des tendances.

Elle ne remplace pas nécessairement la création humaine, mais elle peut accélérer certaines étapes allant de l’analyse des données jusqu’à la présentation des produits.

L’intelligence artificielle et les plateformes numériques pourraient également transformer la manière de concevoir, produire, distribuer et commercialiser les vêtements. Pour approfondir ces mutations, découvrez notre analyse sur l’impact des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle sur l’industrie de la mode.

La production française devrait rester spécialisée

Une relocalisation massive de toute la production textile paraît difficile face aux écarts de coûts internationaux. En revanche, la France peut continuer à développer des segments où le prix n’est pas le seul critère :

  • luxe ;
  • artisanat ;
  • petites séries ;
  • textiles techniques ;
  • produits haut de gamme ;
  • fabrication locale et traçable.

Le modèle économique pourrait devenir plus circulaire

Réparation, seconde main, location, recyclage et réemploi devraient occuper une place croissante dans la filière.

L’enjeu pour les entreprises françaises sera donc de trouver un équilibre entre rentabilité, prix accessibles, durabilité et réduction de l’impact environnemental.

En résumé : l’avenir de la mode française ne dépend probablement pas d’une course aux volumes face aux grands producteurs mondiaux. Ses principaux avantages restent la création, le luxe, le savoir-faire, l’innovation et la capacité à produire davantage de valeur avec des produits différenciés.

FAQ sur l’industrie de la mode en France

Combien pèse l’industrie de la mode en France ?

Selon le périmètre élargi utilisé par l’Institut Français de la Mode, la mode française représente environ 154 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct. Ce chiffre inclut un ensemble beaucoup plus large que le seul secteur de l’habillement.

Combien de personnes travaillent dans la mode en France ?

Le périmètre large de la filière représente environ 1 million d’emplois directs et indirects. Les seules industries françaises de l’habillement regroupent quant à elles environ 32 000 salariés directs.

Combien d’entreprises compte l’industrie française de l’habillement ?

L’Union Française Mode & Habillement recense environ 2 500 entreprises dans les industries françaises de l’habillement.

La France fabrique-t-elle encore des vêtements ?

Oui. La production française existe toujours, notamment dans le haut de gamme, le luxe, les textiles techniques, la maroquinerie, les petites séries et certains métiers artisanaux. Une grande partie des vêtements de grande consommation vendus en France reste cependant produite à l’étranger.

Pourquoi la France est-elle importante dans la mode mondiale ?

La France bénéficie de la puissance de Paris, de nombreuses maisons historiques, d’un important savoir-faire artisanal et de groupes internationaux majeurs. Elle joue un rôle particulièrement important dans le luxe et les produits de mode à forte valeur ajoutée.

Quelle est la place du e-commerce dans la mode en France ?

Selon la FEVAD, les achats en ligne représentaient 30,7 % de la consommation d’habillement en valeur sur les sept premiers mois de 2025. Internet constitue désormais un canal majeur de vente pour le secteur.

La seconde main est-elle importante en France ?

Oui. Plus d’un tiers des Français ont déjà acheté des textiles ou chaussures de seconde main selon Refashion. Cette progression est largement soutenue par les plateformes numériques spécialisées.

Quels sont les principaux défis de la mode française ?

Les principaux défis concernent la concurrence internationale, la pression sur les prix, l’ultra fast fashion, la montée de la seconde main, la réduction de l’impact environnemental, le recyclage et l’adaptation aux nouvelles réglementations.

Industrie de la mode en France : ce qu’il faut retenir

L’industrie de la mode en France reste une filière économique importante et particulièrement influente à l’échelle internationale. Sa force repose moins sur la production de masse que sur la création, le luxe, les marques, les savoir-faire et les produits à forte valeur ajoutée.

Le secteur est cependant en pleine transformation. L’e-commerce représente désormais une part importante des achats, la seconde main s’installe durablement, les consommateurs restent très sensibles aux prix et les contraintes environnementales augmentent.

La France doit donc préserver ses savoir-faire tout en adaptant son industrie à de nouveaux modèles de consommation et de production.

Pour rester compétitive, la mode française devra continuer à combiner créativité, qualité, innovation, digitalisation et responsabilité environnementale.

Pour replacer ces enjeux économiques dans un contexte plus large, histoire, création, métiers, culture, tendances et transformations du secteur, consultez notre guide Tout comprendre à la mode.

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