Le cordonnier, ou la cordonnière, est un professionnel artisan spécialisé dans la réparation et l’entretien des chaussures, mais aussi parfois dans leur fabrication. Bien plus qu’un simple réparateur, il redonne vie aux souliers usés, prolongeant leur durée de vie et préservant leur confort et leur esthétique. C’est un métier manuel, exigeant une grande précision, une bonne connaissance des matériaux, ainsi qu’un sens du détail.
1: Cordonnier/Cordonnière dans la chaussure c’est quoi: Description du métier
2: Les missions d’un Cordonnier/Cordonnière
2.1: Accueillir et informer
2.2: Réparer les chaussures abîmées
2.3: Proposer des services
3: Compétences requises
3.1: Patient et minutieux
3.2: Rapide et connaisseur
3.3: Commerçant et gestionnaire
4: Niveau d’études requis
5: Où exercer ?
5.1: Outils traditionnels et modernes
5.2: Salarié ou artisan
5.3: Une offre élargie
6: Formations
7: Salaire
8: Question et histoire
8.1: Histoire du cordonnier
8.2: Quel est l’ancien nom du cordonnier ?
8.3: Pourquoi dit-on cordonnier ?
8.4: Quel est le tarif d’un cordonnier pour la réparation de chaussures ?
8.5: Que peut réparer un cordonnier pour les chaussures ?
8.6: Est-ce qu’un cordonnier fabrique des chaussures ?
9: Conclusion
Cordonnier/Cordonnière dans la chaussure : c’est quoi ?
Autrefois omniprésent dans les villes et les campagnes, le cordonnier a su évoluer avec son temps. Il utilise aujourd’hui à la fois des outils traditionnels – marteau, alène, pince, tranchet – et des équipements modernes comme les machines de couture, les presses ou les ponceuses électriques. En plus de la réparation, de nombreux cordonniers proposent des services complémentaires tels que la reproduction de clés, la vente de produits d’entretien, la gravure ou encore la réparation de maroquinerie.
Le métier demande une réelle polyvalence : savoir accueillir le client, analyser rapidement l’état d’une chaussure, trouver des solutions techniques adaptées, et proposer un travail soigné dans un délai souvent court. Dans un monde où la consommation rapide domine, le cordonnier incarne une forme d’artisanat durable, économique et écologique.
2. Les missions d’un Cordonnier/Cordonnière
2.1 Accueillir et informer
Le cordonnier reçoit les clients, évalue les besoins, donne des conseils d’entretien, propose un devis et informe sur les délais. Le contact humain est essentiel dans cette activité artisanale de proximité.
2.2 Réparer les chaussures abîmées
Il remplace les semelles, talons, coutures, fermetures éclair ou encore les doublures intérieures. Il peut aussi reteindre le cuir, recoller certaines parties et restaurer les chaussures de luxe.
2.3 Proposer des services
En complément, il peut offrir la reproduction de clés, la vente de lacets et de cirages, la gravure de plaques, la réparation de sacs ou la mise en place de patins antidérapants.
3. Compétences requises
3.1 Patient et minutieux
Le cordonnier doit faire preuve de précision. Un travail bâclé ou approximatif peut ruiner l’esthétique ou la solidité d’une chaussure.
3.2 Rapide et connaisseur
Il doit être capable de diagnostiquer rapidement un problème et d’exécuter la réparation dans un délai raisonnable. La connaissance des différents types de cuir, semelles et techniques est cruciale.
3.3 Commerçant et gestionnaire
Savoir gérer une boutique, accueillir le client, gérer le stock et tenir une comptabilité simple est indispensable, surtout en tant qu’artisan indépendant.
4. Niveau d’études requis
Le métier de la mode est accessible avec un CAP Cordonnier-bottier, éventuellement complété par un Bac professionnel métiers du cuir ou des formations en maroquinerie. L’apprentissage en alternance est courant.
5. Où exercer ?
5.1 Outils traditionnels et modernes
Le cordonnier travaille avec un mélange d’outils manuels anciens et de machines modernes pour poncer, recoudre ou presser les semelles.
5.2 Salarié ou artisan
Il peut être salarié d’une cordonnerie, d’un atelier de luxe, ou s’installer à son compte. De plus en plus de cordonniers se déplacent ou proposent des services via Internet.
5.3 Une offre élargie
Certaines grandes enseignes de cordonnerie combinent plusieurs services : réparation, reproduction de clés, vente de produits annexes, maroquinerie, etc.
6. Formations
- CAP Cordonnier-bottier (2 ans)
- Bac Pro Métiers du cuir – option chaussure
- Formations professionnelles mode pour adultes (AFPA, GRETA)
- Spécialisations en maroquinerie ou chaussures de luxe
7. Salaire
Un cordonnier débutant gagne autour du SMIC. Un artisan expérimenté ou à son compte peut atteindre 2 000 à 3 000 € par mois, selon sa clientèle et sa notoriété.
8. Questions et histoire
8.1 Histoire du cordonnier
Le métier de cordonnier remonte à l’Antiquité. Dès que les êtres humains ont cherché à protéger leurs pieds, ils ont conçu des formes rudimentaires de chaussures à base de peaux d’animaux, de bois ou de fibres végétales. Ces premiers « chausseurs » posent les bases de ce qui deviendra le métier de cordonnier.
Moyen Âge : l’âge d’or de l’artisan
Au Moyen Âge, le cordonnier est un artisan de proximité. Il ne vend pas des chaussures toutes faites, mais les fabrique sur mesure, à la demande. Son savoir-faire comprend la coupe, la couture, l’assemblage, et parfois même le tannage du cuir.
- Les chaussures sont souvent simples, sans talons, faites de cuir ou de bois.
- Chaque ville ou village a son cordonnier, parfois regroupé en corporations ou guildes.
Les bottiers (fabricants de bottes) et les savetiers (réparateurs de chaussures usagées) coexistent parfois, mais à partir du XVIIIe siècle, le cordonnier se spécialise davantage dans la réparation, tandis que le chausseur (ou bottier) fabrique les modèles.
Révolution industrielle : le tournant
Avec la révolution industrielle au XIXe siècle, la fabrication de chaussures devient mécanisée :
- Les machines à coudre industrielles permettent de produire en masse.
- La chaussure devient un produit manufacturé, fabriqué en série, souvent en usine.
- Le cordonnier se reconvertit majoritairement dans la réparation, tandis que les usines prennent en charge la fabrication.
Cela modifie radicalement le métier : il passe d’artisan-fabricant à réparateur, parfois perçu comme un métier de seconde zone, mais toujours essentiel à l’économie locale.
Aujourd’hui : un métier entre tradition et modernité
De nos jours, le cordonnier est un artisan du quotidien et peut faire partie de la mode et du luxe :
- Il répare chaussures, sacs, ceintures, mais parfois aussi clés, montres ou télécommandes.
- Certains artisans se spécialisent dans le luxe, ou la restauration de chaussures haut de gamme (Louboutin, Weston, Berluti…).
- D’autres reviennent à la fabrication artisanale, dans un mouvement de slow fashion et de respect de l’environnement.
En parallèle, les bottiers haut de gamme conservent la tradition de la chaussure sur mesure, souvent à des prix très élevés, avec un travail proche de l’orfèvrerie.
8.2 Quel est l’ancien nom du cordonnier ?
L’ancien nom du cordonnier, tel qu’on l’utilisait dans la langue française médiévale et classique, est « savetier ».
Le savetier était un artisan qui réparait les chaussures, souvent avec des moyens rudimentaires, et travaillait généralement sur des souliers de moindre qualité.
8.3 Pourquoi dit-on cordonnier ?
Le terme « cordonnier » dérive du mot « cordouanier », qui lui-même vient de Cordoue, une ville du sud de l’Espagne (en Andalousie). Au Moyen Âge, Cordoue était célèbre pour son cuir de très haute qualité, appelé cuir de Cordoue ou cordouan. Ce cuir était souple, fin et très recherché, notamment pour la fabrication de chaussures, gants, reliures, et autres objets de luxe.
Les artisans qui travaillaient ce cuir étaient appelés cordouaniers. Avec le temps, la langue a évolué, et « cordouanier » s’est contracté en « cordonnier ».
Même si aujourd’hui les cordonniers ne travaillent plus forcément du cuir de Cordoue, le mot est resté dans la langue pour désigner l’artisan qui répare ou fabrique des chaussures.
8.4 Quel est le tarif d’un cordonnier pour la réparation de chaussures ?
Le tarif varie selon la réparation : entre 8 € pour un talon et 40 à 100 € pour une ressemelage complet. Les chaussures haut de gamme peuvent coûter plus.
Changement de talons :
- Talons hommes (cuir ou caoutchouc) : 15 à 25 €
- Talons femmes (petits talons ou aiguilles) : 8 à 20 €
Ressemelage :
- Ressemelage complet (cuir) : 50 à 90 €
- Ressemelage partiel (avant-pied ou talon seulement) : 20 à 40 €
- Semelles gomme/Vibram (souvent pour chaussures de marche) : 60 à 100 €
Réparation de coutures ou collage :
- Réparation couture simple : 8 à 15 €
- Collage semelle détachée : 10 à 20 €
Pose d’embouts, fers ou patins :
- Pose de patins antidérapants (protection semelle cuir) : 20 à 35 €
- Pose de fers encastrés (fer de protection à l’avant) : 15 à 25 €
5. Entretien / Glacage / Teinture :
- Cirage complet / entretien cuir : 10 à 20 €
- Glacage (effet miroir) : 15 à 30 €
- Teinture partielle : 20 à 40 €
- Teinture complète : 40 à 70 €
Réparation fermeture éclair ou élastique (bottes, bottines) :
- Changement de fermeture éclair : 20 à 40 €
- Remplacement élastiques de bottines : 15 à 25 €
8.5 Que peut réparer un cordonnier pour les chaussures ?
Un cordonnier est un artisan spécialisé dans la réparation et l’entretien des chaussures, mais aussi parfois dans d’autres articles en cuir (sacs, ceintures, etc.). Il peut réparer, talons, semelles, coutures, zip, boucles, teinture, colle, éraflures, doublures… presque tout, selon l’état et la qualité de la chaussure.
8.6 Est-ce qu’un cordonnier fabrique des chaussures ?
Oui, un cordonnier peut fabriquer des chaussures, mais ce n’est pas son activité principale aujourd’hui. Certains, appelés bottiers, fabriquent des chaussures sur mesure. Mais la majorité se concentre aujourd’hui sur la réparation et l’entretien.
9. Conclusion
Le métier de cordonnier est un savant mélange de tradition et d’innovation, de savoir-faire manuel et de contact humain. Face à la surconsommation et au gaspillage, il offre une alternative durable, tout en perpétuant un art ancien. Patient, habile, bon commerçant, le cordonnier moderne est un artisan complet qui redonne vie à ce que d’autres jetteraient. Un métier d’avenir pour ceux qui aiment le travail bien fait et les matières nobles.