- Vêtements et textiles dans la révolution industrielle
- I. Avant la révolution industrielle : l’ère de la confection artisanale
- II. L’essor de la révolution industrielle et du secteur textile
- III. Conditions de travail dans l’industrie textile
- IV. Progrès technologiques et conséquences sur le textile
- V. Mutations du secteur vestimentaire
- VI. Transformations sociales et urbaines
- VII. Héritage durable sur la mode et la consommation
- VIII. Mode, technologie et innovation aujourd’hui
- IX. Conclusion
- X. FAQ : Révolution industrielle et mode
La révolution industrielle a profondément transformé le textile, la mode et la manière dont les vêtements étaient produits au XIXᵉ siècle. Grâce à la mécanisation des usines, aux nouvelles fibres, à la production de masse et à la baisse du coût des tissus, cette période marque la naissance de la mode moderne. Cet article explique comment la révolution industrielle a changé la fabrication des textiles, démocratisé l’habillement et posé les bases du prêt-à-porter contemporain.
Vêtements et textiles dans la révolution industrielle : comment la mode a changé à jamais
La révolution industrielle, amorcée au XVIIIᵉ siècle en Angleterre avant de se diffuser en Europe et en Amérique du Nord, est l’un des tournants majeurs de l’histoire économique et sociale. Elle ne se limite pas à l’invention de nouvelles machines ou à l’essor des usines : elle transforme profondément les façons de produire, de consommer et même de se représenter soi-même.
Pour mieux comprendre ces évolutions, il est utile de revenir sur l’histoire de la mode, qui montre comment les vêtements ont toujours été liés aux transformations économiques et sociales.
Parmi les secteurs les plus bouleversés, l’industrie textile et l’industrie du vêtement occupent une place centrale. Les vêtements, autrefois rares, coûteux et souvent fabriqués à la main, deviennent progressivement des biens plus accessibles, produits en série, portés par des populations de plus en plus nombreuses. Comprendre l’impact de la révolution industrielle sur la mode et le textile permet de mieux saisir comment notre rapport aux habits, à la mode vestimentaire et au style personnel s’est construit.
Avant l’arrivée des machines, les vêtements avaient un rôle essentiellement pratique et social, comme on le découvre en explorant des ressources qui permettent de tout comprendre à la mode et ses usages à travers le temps.

L’industrialisation du textile au XIXᵉ siècle : un tournant majeur pour la production de vêtements et la naissance de la mode moderne.
I. Avant la révolution industrielle : l’ère de la confection artisanale
Avant la mécanisation, la production de vêtements repose quasi entièrement sur le travail manuel. La société préindustrielle est structurée autour d’une économie domestique et artisanale.
La plupart des gens :
- cousent, raccommodent et entretiennent eux-mêmes leurs vêtements ;
- possèdent très peu de tenues, souvent une pour le quotidien, une pour les jours de fête ;
- conservent leurs habits longtemps, car le textile est cher et laborieux à produire.
Les artisans du textile, tisserands, fileuses, tailleurs, travaillent à petite échelle, souvent à domicile ou dans de petits ateliers. Leur production est limitée par le temps humain et la force physique. La mode, au sens de renouvellement rapide et volontaire des styles vestimentaires, concerne surtout les élites aristocratiques, capables de commander des pièces sur mesure à des couturiers.
D’un point de vue social, le vêtement est avant tout un marqueur de statut : qualité du tissu, richesse des ornements, coupe et couleurs signalent immédiatement le rang social. Mais pour une grande partie de la population, l’habit reste un bien de première nécessité, plus qu’un objet de désir ou de distinction.
II. L’essor de la révolution industrielle et du secteur textile
A. Les premières innovations techniques
Le basculement vers la production textile industrielle repose sur une série d’innovations techniques majeures. L’objectif est d’augmenter la productivité, de réduire le temps de fabrication et de répondre à une demande croissante de tissus.
Parmi les inventions emblématiques :
- la navette volante (1733, John Kay), qui accélère le tissage et permet de produire des pièces de tissu plus larges, plus rapidement ;
- la Spinning Jenny (1764, James Hargreaves), machine à filer qui permet à un seul ouvrier de filer plusieurs bobines de fil simultanément ;
- les métiers à tisser mécaniques, qui automatisent une grande partie des gestes jusque-là réalisés à la main ;
- l’utilisation de la machine à vapeur, qui fournit une énergie régulière et puissante pour actionner ces machines.
Ces innovations, au cœur de ce que l’on appelle parfois la révolution textile, multiplient les capacités de production. Le coton, la laine et d’autres fibres peuvent être filés et tissés à un rythme sans précédent. Pour la première fois dans l’histoire, il devient réaliste de produire du textile en quantités véritablement industrielles.
D’un point de vue analytique, ces innovations ne sont pas neutres : elles impliquent la concentration du capital, la constitution de grandes manufactures et une nouvelle organisation du travail. La révolution industrielle et l’industrie textile sont donc intimement liées : le textile est à la fois moteur et vitrine de ce nouveau mode de production.
« L’impact de ces machines est colossal : alors qu’un fileur travaillant seul ne produisait qu’un seul fil à la fois, la Spinning Jenny permettait d’actionner huit bobines simultanément, puis jusqu’à 120 dans ses évolutions ultérieures. Entre 1760 et 1830, la production de coton en Grande-Bretagne est multipliée par vingt, faisant du textile près de la moitié des exportations industrielles britanniques vers 1850. »

Usine textile au cœur de la révolution industrielle : mécanisation, nouvelles machines et transformation profonde des conditions de production.
B. L’apparition des premières usines textiles
Les machines ne peuvent pas fonctionner n’importe où : elles nécessitent de l’espace, des investissements, de l’entretien, une alimentation en énergie. C’est ainsi que naissent les grandes usines de textile, concentrant machines et main-d’œuvre sous un même toit.
En Angleterre, l’abondance de charbon, de fer et l’accès à des matières premières coloniales (comme le coton) favorisent l’installation de ces usines. Le travail à domicile recule progressivement au profit du travail en usine, plus contraignant mais aussi plus régulier.
Cette transformation a un double effet :
- elle augmente la production de tissus et de vêtements ;
- elle modifie profondément le quotidien des travailleurs, qui doivent se plier aux horaires, à la discipline et au rythme des machines.
On passe ainsi d’une économie de petites unités dispersées à une économie industrielle centralisée, avec des conséquences directes sur le coût des vêtements, leur disponibilité et la naissance d’un véritable marché de l’habillement.
Pour compléter cette analyse de l’industrialisation et mieux visualiser les changements technologiques du XIXᵉ siècle, voici une vidéo pédagogique qui explique clairement les grandes étapes de la révolution industrielle.
Vidéo : La Révolution Industrielle – Je révise avec toi (YouTube)
III. Conditions de travail dans l’industrie textile
Si la révolution industrielle est synonyme de progrès technologique, elle rime aussi avec conditions de travail éprouvantes. Le cas de l’industrie du coton illustre cette réalité.
Dans les usines textiles :
- les journées dépassent souvent 12 heures, parfois davantage ;
- l’air est chargé de poussières, de fibres et de fumées liées aux machines ;
- les bâtiments sont mal ventilés, surpeuplés, et la sécurité est rudimentaire.
Les femmes et les enfants occupent une place particulièrement vulnérable dans ce système :
- des enfants dès 9 ou 10 ans travaillent aux machines, souvent dans des zones dangereuses ou difficiles d’accès ;
- les femmes sont payées moins que les hommes pour un travail similaire, dans une logique de main-d’œuvre bon marché ;
- les petites mains sont jugées utiles pour nettoyer ou ajuster les parties délicates des métiers à tisser.
D’un point de vue humain, cette organisation du travail révèle un paradoxe : les vêtements, de plus en plus accessibles aux consommateurs, reposent sur une exploitation accrue de la main-d’œuvre. Ce schéma n’est pas sans résonance avec certaines formes de fast fashion actuelles, où les bas prix d’achat masquent des conditions de production problématiques.
Peu à peu, l’indignation face aux abus engendre les premières revendications ouvrières : limitation du temps de travail, amélioration des salaires, interdiction du travail des enfants en bas âge. Les mouvements féministes trouvent également dans ces réalités un terrain de lutte, en dénonçant la double oppression, sociale et de genre subie par les ouvrières.
« Les journées de travail s’étendaient régulièrement de 14 à 16 heures. En 1833, un rapport parlementaire britannique recense plus de 183 000 enfants employés dans les usines, représentant parfois 20 à 40 % de la main-d’œuvre textile selon les manufactures. »
IV. Progrès technologiques et conséquences sur le textile
La révolution industrielle ne se limite pas aux métiers à tisser et aux machines à filer. Elle s’inscrit dans un ensemble d’innovations qui transforment la société :
- progrès de la chimie (colorants, engrais, traitements des fibres) ;
- amélioration des transports (chemins de fer, bateaux à vapeur) qui facilitent la circulation des matières premières et des produits finis ;
- inventions comme le télégraphe, la conserve ou la machine à vapeur, qui changent les modes de production et de consommation.
Pour le textile et les vêtements, ces avancées se traduisent par :
- des tissus plus variés, plus colorés, parfois plus résistants ;
- une baisse progressive du coût de production ;
- une augmentation de l’offre de vêtements sur les marchés locaux et internationaux.
Le vêtement industriel devient progressivement un objet standardisé, produit en série, parfois au détriment de la qualité artisanale. Mais il ouvre aussi la possibilité pour des classes modestes d’accéder à une garde-robe plus diversifiée, ce qui constitue une véritable révolution culturelle.
« Au milieu du XIXᵉ siècle, la mondialisation de la production textile s’accentue : en 1860, près de 80 % du coton utilisé en Europe provient des États-Unis. La production américaine passe de 1,5 million de balles en 1820 à près de 5 millions en 1860, une croissance directement liée à l’industrialisation du filage et du tissage. »
Avant / après industrialisation : comment les progrès technologiques ont transformé le textile
Avant l’industrialisation, le textile repose sur une technologie limitée :
- les fibres sont filées et tissées à la main, avec des outils simples comme le rouet et le métier à tisser traditionnel ;
- les colorants sont surtout d’origine naturelle, moins stables et moins variés ;
- les transports lents (charrettes, bateaux à voile) restreignent la circulation du coton, de la laine et des tissus ;
- la production est locale, en petites quantités, ce qui maintient des coûts élevés et une offre limitée.
Après l’industrialisation, une nouvelle ère s’ouvre pour le textile :
- les machines à filer et les métiers à tisser mécaniques, actionnés par la vapeur, démultiplient la productivité ;
- les progrès de la chimie permettent des teintures plus vives, plus durables et une plus grande variété de tissus ;
- le chemin de fer et les bateaux à vapeur fluidifient les échanges de matières premières et de produits finis à l’échelle mondiale ;
- la production de masse fait baisser les coûts, standardise le vêtement et rend l’habillement plus accessible aux classes populaires et moyennes.
Ainsi, le vêtement industriel devient un produit standardisé et largement diffusé : il perd une partie de son caractère artisanal, mais il permet à un nombre croissant de personnes d’accéder à une garde-robe plus diversifiée, marquant une véritable révolution culturelle dans la manière de s’habiller.
V. Mutations du secteur vestimentaire
A. La massification de la production de vêtements
L’un des changements les plus tangibles réside dans le passage :
du vêtement fait main, sur mesure, au vêtement industrialisé, produit en série.
La production de masse permet :
- de fabriquer des vêtements identiques en grandes quantités ;
- de définir des tailles standard (prémices du prêt-à-porter moderne) ;
- de réduire les prix, rendant certains types d’habits accessibles à un public plus large.
Cette démocratisation s’accompagne d’une standardisation : si plus de gens peuvent s’habiller convenablement, ils le font avec des pièces moins uniques, moins personnalisées. Le vêtement artisanal, quant à lui, se repositionne sur un segment plus haut de gamme, où la qualité, le sur-mesure et la rareté deviennent des arguments de valeur.
On voit ici apparaître une dualité toujours présente aujourd’hui dans l’industrie de la mode : d’un côté, une logique de volume et de prix bas ; de l’autre, une logique de créativité, de distinction et de luxe.
B. La naissance de la Haute Couture
C’est dans ce contexte que se développe ce que l’on appellera bientôt la Haute Couture. Une figure clé incarne cette transition : Charles Frederick Worth, couturier d’origine britannique installé à Paris au XIXᵉ siècle.
Worth innove à plusieurs niveaux :
- il conçoit des collections qu’il présente à ses clientes, inversant la logique traditionnelle où le client dicte sa commande ;
- il signe ses créations, affirmant ainsi le statut d’auteur du couturier ;
- il introduit la notion de collections saisonnières, renouvelant régulièrement les formes, les matières et les silhouettes ;
- il fait défiler des femmes “réelles”, préfigurant le métier de mannequin.
La Haute Couture se distingue clairement de la confection industrielle :
- elle propose des pièces uniques ou en très petite série, réalisées sur mesure ;
- elle valorise le savoir-faire, la créativité et la dimension artistique du vêtement ;
- elle s’adresse à une clientèle aisée, en quête d’exclusivité.
À l’inverse, la confection et, plus tard, le prêt-à-porter, se concentrent sur l’efficacité, le prix et la standardisation. Cette dualité structure encore aujourd’hui l’écosystème de la mode, de la luxueuse Haute Couture aux marques de fast fashion en passant par les maisons de prêt-à-porter premium.
VI. Transformations sociales et urbaines
La révolution industrielle ne transforme pas seulement les usines et les ateliers : elle redessine aussi les villes et les modes de vie.
Sous l’effet de l’industrialisation :
- des populations entières quittent les campagnes pour chercher du travail dans les centres urbains ;
- les villes industrielles se développent à grande vitesse, souvent sans planification suffisante ;
- apparaissent des quartiers ouvriers, parfois insalubres, marqués par la promiscuité et le manque d’hygiène.
Cette urbanisation accélérée modifie la relation entre individus et vêtements :
- le vêtement de travail prend une importance nouvelle (tenues d’usine, uniformes, vêtements résistants) ;
- les espaces urbains favorisent la visibilité sociale : on “se montre” davantage, ce qui renforce la dimension identitaire et symbolique du vêtement ;
- la séparation entre temps de travail et temps de loisir se reflète dans la garde-robe (vêtements du dimanche, tenues de sortie, habits de cérémonie).
Parallèlement, les luttes ouvrières et les mobilisations sociales aboutissent progressivement à des réformes :
- limitation du temps de travail quotidien et hebdomadaire ;
- premières lois encadrant le travail des enfants ;
- amélioration progressive de la protection des travailleurs.
Sur le long terme, ces évolutions contribuent à la formation d’une classe moyenne, dotée d’un certain pouvoir d’achat, qui deviendra un public clé pour le développement du prêt-à-porter et des nouvelles formes de consommation vestimentaire.
« Cette urbanisation est fulgurante : Londres passe d’environ 700 000 habitants en 1750 à plus de 2,3 millions en 1850. Manchester, cœur du textile industriel, voit sa population multipliée par six entre 1770 et 1840. En 1851, le Royaume-Uni devient le premier pays au monde où plus de la moitié de la population vit en ville. »
VII. Héritage durable sur la mode et la consommation
L’un des héritages majeurs de la révolution industrielle dans le domaine de la mode est le déplacement du centre de gravité :
on n’achète plus des vêtements seulement par nécessité, mais aussi, de plus en plus, par désir, goût et identité.
Cette démocratisation a ouvert la voie à une évolution constante des styles vestimentaires, en particulier masculins, comme l’illustre très bien l’histoire de la mode des hommes sur le dernier siècle.
Désormais :
- même les personnes aux revenus modestes peuvent posséder plusieurs tenues adaptées à différents contextes (travail, loisirs, événements) ;
- la mode vestimentaire devient un phénomène social de masse, et non plus un privilège aristocratique ;
- les cycles de renouvellement des vêtements tendent à se raccourcir, préfigurant les mécanismes de la fast fashion contemporaine.
Cette transition n’est pas neutre du point de vue culturel :
- le vêtement devient un support d’expression de soi, un moyen de dire qui l’on est ou à quel groupe l’on souhaite appartenir ;
- la mode se structure en véritable industrie culturelle, avec ses tendances, ses références, ses créateurs et ses icônes ;
- l’acte d’achat se charge d’émotion, de symbolique et parfois de conformisme social.
Les problématiques que nous connaissons aujourd’hui, surconsommation, accumulation de vêtements, impact environnemental de la mode prennent racine dans ces transformations amorcées au XIXᵉ siècle, lorsque la production de masse et la démocratisation de l’habillement deviennent la norme.
Ces enjeux environnementaux sont au cœur des réflexions contemporaines sur la mode responsable. Pour aller plus loin sur ce sujet, tu peux découvrir une analyse complète des liens entre mode et écologie, qui explore l’impact de l’industrie vestimentaire sur la planète et les pistes de solutions.
Cette période marque aussi un changement culturel majeur, car elle redéfinit progressivement ce que l’on appelle la mode, en passant d’un besoin essentiel à un véritable langage social.
« L’industrialisation a également un effet spectaculaire sur les prix : certaines pièces coûtent deux à cinq fois moins cher qu’à l’époque artisanale. Le prix d’une simple chemise est divisé par trois entre 1820 et 1870, contribuant à la démocratisation du vêtement. »
VIII. Mode, technologie et innovation aujourd’hui
Les dynamiques enclenchées à l’époque industrielle se prolongent et s’accélèrent avec les technologies numériques. Aujourd’hui :
- les réseaux sociaux, les influenceurs et les plateformes de e-commerce accélèrent la diffusion des tendances ;
- les collections se succèdent à un rythme très rapide, parfois plusieurs “drops” par mois dans certaines enseignes de fast fashion ;
- les consommateurs sont confrontés à une offre immense, disponible en quelques clics, livrée en quelques jours.
Dans ce contexte, de nouveaux acteurs cherchent à concilier innovation technologique, créativité et mode durable. Des plateformes comme Fashinnovation, à travers ses Worldwide Talks, rapprochent :
- entrepreneurs de la mode,
- acteurs du numérique,
- spécialistes de la durabilité,
- créateurs, designers et penseurs de l’industrie.
L’objectif est de réfléchir à des modèles plus responsables : transparence des chaînes de production, réduction de l’empreinte carbone de l’industrie textile, valorisation de l’économie circulaire, prolongation de la durée de vie des vêtements, recyclage et upcycling.
Là où la première révolution industrielle a surtout cherché à produire plus et plus vite, la question actuelle est : comment produire mieux, de manière plus éthique et plus durable, sans renoncer à la créativité, à l’innovation et au plaisir de s’habiller ?
IX. Conclusion
La révolution industrielle a façonné l’industrie du vêtement telle que nous la connaissons :
- elle a introduit la mécanisation du textile, la production de masse et la standardisation ;
- elle a permis l’émergence d’une mode de masse, tout en consolidant, en parallèle, la Haute Couture comme espace de prestige et de création ;
- elle a transformé notre rapport au vêtement, passé de la simple protection au vecteur d’identité, de goût et de distinction sociale.
Mais elle a aussi laissé en héritage des questions toujours d’actualité : conditions de travail, justice sociale, impact environnemental, rôle de la consommation dans nos sociétés. Les défis que pose aujourd’hui la fast fashion, la gestion des déchets textiles ou la recherche d’une mode éthique et durable s’inscrivent dans la continuité de ce long processus historique.
Comprendre l’histoire des vêtements et textiles dans la révolution industrielle ne relève donc pas seulement de la curiosité historique : c’est un outil pour penser l’avenir de la mode, imaginer des modèles plus responsables et redonner du sens à ce geste apparemment banal mais profondément culturel qu’est le choix de s’habiller.
Pour mieux saisir ces transformations et comprendre comment la mode s’exprime aujourd’hui, il existe des guides accessibles comme la mode pour les nuls, qui aident à décrypter simplement les codes vestimentaires actuels.
Si vous avez aimé cet article vous pouvez consulter la révolution française et la mode.
FAQ — Révolution industrielle, textile et mode
Quel a été l’impact de la révolution industrielle sur l’industrie textile ?
La révolution industrielle a transformé l’industrie textile en passant d’une production artisanale lente à une production mécanisée et massive. Les machines comme la Spinning Jenny, la navette volante et les métiers à tisser mécaniques ont permis d’augmenter considérablement la productivité. Les vêtements sont devenus plus accessibles, moins coûteux et disponibles en plus grande quantité, ouvrant la voie à la modernisation du secteur de l’habillement.
Pourquoi l’industrie textile est-elle considérée comme le moteur de la révolution industrielle ?
L’industrie textile a été le premier secteur à intégrer des machines innovantes, devenant ainsi le catalyseur de la révolution industrielle. La forte demande en tissus et vêtements a encouragé l’essor des manufactures, la standardisation des procédés et l’utilisation de la machine à vapeur. Cette dynamique a ensuite inspiré d’autres secteurs et contribué à l’industrialisation de l’Europe et de l’Amérique du Nord.
Comment les conditions de travail ont-elles évolué dans les usines textiles ?
Les premières conditions de travail étaient très difficiles : longues journées, atmosphère poussiéreuse, chaleur excessive, et absence de sécurité. Les enfants et les femmes y étaient souvent exploités. Au fil du temps, grâce aux mouvements ouvriers et aux premières lois sociales, les conditions se sont améliorées : réduction des horaires, meilleure protection, interdiction du travail des enfants et encadrement des pratiques patronales.
Quel rôle ont joué les femmes et les enfants dans les manufactures textiles ?
Les femmes et les enfants représentaient une grande partie de la main-d’œuvre textile, car ils étaient moins coûteux à employer. Les enfants travaillaient dans des conditions dangereuses, souvent près des machines en fonctionnement. Leur exploitation a suscité une indignation qui a mené aux premières réformes sociales, notamment l’interdiction progressive du travail des enfants et l’amélioration des droits des ouvrières.
Comment la révolution industrielle a-t-elle influencé la mode et la manière de s’habiller ?
Elle a démocratisé l’accès aux vêtements. Grâce à la production de masse, les habits sont devenus plus abordables et variés. Le vêtement, autrefois utilitaire, s’est transformé en objet de style et de distinction. Cette évolution prépare l’avènement du prêt-à-porter, du commerce de détail moderne et des tendances vestimentaires renouvelées.
Qui est Charles Frederick Worth et pourquoi est-il important dans l’histoire de la mode ?
Charles Frederick Worth est considéré comme le père de la Haute Couture. Il a introduit les défilés, les collections saisonnières et la signature des créations. En faisant défiler ses modèles devant les clientes, il a instauré les bases de la mode moderne, distinguant l’art créatif du vêtement de la production industrielle.
En quoi la révolution industrielle est-elle liée à l’apparition du prêt-à-porter ?
La mécanisation a permis la standardisation des tailles et des coupes. Les vêtements peuvent désormais être produits en grande série et vendus sans passer par un couturier. Cette transition marque le début de ce que l’on appelle aujourd’hui le prêt-à-porter : accessible, reproductible et adapté à une clientèle plus large.
La révolution industrielle a-t-elle aussi des effets négatifs sur le textile ?
Oui. La pollution des rivières par les teintures, la surproduction textile, la disparition de certains savoir-faire artisanaux et l’exploitation des ouvriers sont parmi les principaux effets négatifs. Ces problèmes résonnent encore aujourd’hui dans les débats sur la fast fashion, la durabilité et les conditions de travail dans les pays à bas coût.
Comment la révolution industrielle a-t-elle influencé l’urbanisation ?
L’essor des usines textiles a attiré de nombreuses populations vers les villes industrielles. Ces villes, souvent mal préparées, ont vu apparaître des quartiers ouvriers surpeuplés et parfois insalubres. Cette urbanisation rapide a transformé les modes de vie, les habitudes de consommation et le rapport aux vêtements, notamment avec l’arrivée des magasins et des vitrines commerciales.
Quel lien peut-on faire entre la révolution industrielle et la fast fashion actuelle ?
La fast fashion est l’extension moderne du modèle né pendant la révolution industrielle : produire rapidement, à bas coût et en grandes quantités. Les cycles de tendance courts, la standardisation des tailles et la pression sur les coûts de production remontent directement aux logiques industrielles du XIXᵉ siècle. Les enjeux sociaux et environnementaux actuels en sont une conséquence directe.
Quel est le rôle de Fashinnovation dans la mode contemporaine ?
Fashinnovation est une plateforme internationale dédiée à l’innovation dans la mode. À travers ses Worldwide Talks, elle réunit leaders du développement durable, créateurs, entrepreneurs et experts technologiques. Son objectif est de favoriser un dialogue global autour de la mode éthique, des technologies émergentes, de l’impact environnemental et de nouveaux modèles économiques circulaires.
Pourquoi l’industrie textile reste-t-elle importante aujourd’hui ?
L’industrie textile demeure essentielle car elle touche à l’économie, à la culture, à l’emploi et à l’environnement. Elle façonne nos habitudes de consommation, influence les tendances globales et joue un rôle clé dans les défis environnementaux. Penser le textile aujourd’hui revient à questionner notre rapport à la durabilité, à la responsabilité sociale et à la créativité contemporaine.